KIDS

Envisager un congé parental

Cette année j’ai eu un « congé parental ».  Le genre de congé parental où les enfants sont à l’école et où tu bosses pas.

C’était bon, c’était doux. Pour moi, pour eux, pour nous.

J’ai bien vécu cette période de « rien ». Finalement mieux que lorsque je travaillais à la maison tout en élevant les enfants et en faisant tourner la baraque.

Quel luxe d’avoir le temps de tout. D’organiser des sorties, d’inviter plein de monde, de me consacrer à des choses simples qui me nourrissent. D’avoir le temps d’être seule, ce qui est un besoin important pour mon équilibre.

Je savais que cette situation serait temporaire. Je me suis interrogée sur l’après, sans vraiment réussir à me décider. Quid du mercredi, des vacances scolaires, des horaires de Mister B, avec lesquels composer.

J’aime travailler. J’aime aussi ne pas travailler.

Et puis, les questions existentielles sont reportées puisqu’un troisième enfant vient agrandir la famille.

La question du congé parental se pose cette fois-ci.

Une opportunité, une chance que je n’ai pas connu, puisque pour les deux précédents j’ai travaillé, parce qu’à ce moment là il le fallait. Par besoin d’un complément plus important que le congé parental et par besoin d’avoir un travail pour avoir un statut social.

Pour cette, probablement dernière, expérience de la maternité je vois les choses sous un autre angle. Je ne sens pas, pour l’instant, ce besoin de reconnaissance extérieure pour me sentir épanouie.

Je n’ai plus l’envie de cumuler les mandats et de travailler de chez moi, tout en élevant un enfant et en assurant seule le soir, avec les trois.

C’est important pour moi de cultiver des centres d’intérêts, de pratiquer des activités, même toutes simples, qui me font plaisir.

Je ne me sens pas que mère.

Je ne suis pas que mère.

J’existe aussi en dehors d’un travail.

Je ne suis pas mon travail.

Quel qu’il soit, un poste reste un rôle, même s’il est accompli de bon cœur.

Je me sens (de moins en moins mal) à l’aise lorsqu’on me demande ce que je fais dans la vie, et que mon interlocuteur insiste avec un et sinon? lorsque je réponds que j’élève mes enfants.

Je ne comprends pas vraiment pourquoi, en 2017, élever ses enfants n’est pas valorisé par la société.

Alors qu’en ces temps modernes, cela relève souvent d’un choix.

Alors qu’on accorde de la valeur à quelqu’un dont le travail est de s’occuper d’enfants.

J’écris ça, maintenant, au début du deuxième trimestre, j’ai conscience que j’aurai probablement des moments de lassitude, mais je commence à me connaître et je sais aussi à quel point j’aime être présente pour toutes ces étapes fondamentales des premiers mois, premières années.

J’ai « toute la vie » pour travailler, alors que le temps de la maternité c’est maintenant et j’ai envie de profité à fond, de ces moments qui ne reviendront pas.

Pour me préparer à mener à bien ce projet de congé parental, j’envisage un renfort, qui passe par une aide ménagère, qui devrait se mettre en place dans les mois qui viennent d’ailleurs, pour me soulager pendant la grossesse, et les premiers mois du congé maternité, sans que les tâches se répercutent sur Mister B, qui fait déjà bien sa part.

Ce troisième enfant, arrive après un cheminement où j’ai appris avec les premiers. J’ai déjà une idée concrète de ce que signifie passer des journées avec trois enfants, pour l’avoir fait pendant plusieurs années, en tant qu’assistante maternelle, avec des enfants plus petits et moins autonomes (y compris les miens).

Lors de ce cheminement, de mes précédentes expériences de la maternité, j’ai commis des erreurs, utiles, puisqu’elles me permettent, il me semble, d’avoir aujourd’hui davantage de discernement et de vivre aussi cette aventure de façon moins fusionnelle, et pourtant plus soudée, dans mon couple.

La parentalité, quel sujet passionnant!

Voilà la question du potentiel congé parental soulève bien des sujets, notamment celui de la valeur.

Ce temps là est précieux, d’une grande valeur.

C’est un cadeau qu’on offre, à soi même, à sa famille et puis, par rayonnement, à toute la société.

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LA VIE EN PLUS JOLIE

Avant de partir

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On a fini par se décider…

J’ai appelé le propriétaire pour lui dire qu’on n’achèterait pas l’appartement, qu’on cherchait une maison à louer. Il en avait une, justement. Avec tous nos critères.

Bonne distance, bonne configuration, bon emplacement, bon timing, budget ok. Succession de synchronicités.

OK, OK, OK.

J’ai lâché mon job avant même d’être sure que cette maison là nous serait louée. Ce n’était pas logique, mais j’ai un fonctionnement intuitif…

J’ai aidé la famille de C à trouver la solution qui conviendrait à leur organisation, à leurs attentes, à leurs valeurs, surtout. J’ai mis en contact les bonnes personnes, et évidemment ça match. Je pouvais alors envisager de partir, tout était en ordre.

Pas de fuite, juste nos projets.

J’ai commencé les cartons.

On a dit oui.

On a récupéré les clés et enfin j’ai visité, sans surprise, je savais déjà que c’était endroit c’était notre chez nous.

Nous partons quelques jours en Italie (les vacances sont sacrées!) et à notre retour on signera le bail. Il ne restera que quelques jours par rapport à la dédit… Hum

Faire confiance à l’univers, se faire confiance et ne pas se laisser déstabiliser par les rationnels…

 

Fin d’un cycle.

J’ai élevé mes deux enfants tout en travaillant comme assistante maternelle pendant cinq ans. Ce n’était pas facile mais je suis contente de l’avoir fait et d’avoir offert cette présence à ma famille.

J’ai adoré les liens tissés avec les enfants, leurs parents, la flexibilité, la créativité que m’a apporté cette belle profession.

Ces cinq dernières années m’ont beaucoup appris. J’ai déployé mes talents en management créatif, en recherche de solutions win-win, compilé les best practices, j’ai appris à faire diversion quand cela est nécessaire, à patienter, à communiquer autrement, à lâcher prise, à gérer des plannings surper chargés et à optimiser les déplacements, le temps, à prendre en compte tous les paramètres. J’ai géré les priorités, compris le vrai sens de la polyvalence.

J’ai donné beaucoup, reçu tellement.

Gratitude infinie.

Et après?

L’ envie de vibrer encore. Envie de faire ce que j’aime. Tout ce que j’aime. Envie d’organiser mon travail autour de ma vie, encore plus.

Je ne sais pas encore comment. Ce n’est pas facile, mais c’est possible je le sais.

Je suis libre de choisir, de relancer les dés professionnellement.

J’ai plusieurs cordes à mon arc et je suis curieuse d’apprendre.

Il y a des paramètres avec lesquels composer: un mari cuisiner, deux enfants, le quotidien, l’école qui finit à 15h, la garderie, le mercredi après midi, les vacances scolaires, le besoin de me préserver du temps libre personnel parce que c’est ainsi que je me ressource et que c’est dans cet espace que je trouve les bonnes options pour le reste.

Je choisis tout même si je ne sais pas encore comment tout combiner.

Je choisis tout et si je devais choisir une seule chose se serait kiffer!

Je vous souhaite un bel été…